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Contexte Historique
Nous rencontrons dans les écrits des anciens, un grand nombre
de passages qui nous prouvent que le sucre ne leur était pas entièrement inconnu et que c'est dans 1'Inde
ou en général dans les contrées orientales de 1'Asie qu'ils l'avaient d'abord remarqué.
L'Amiral
Néarque, par ordre d'Alexandre Le Grand. descendit avec sa flotte le
cour de Indus pour explorer les mers des Indes, rencontra en 328 la
"canne" ou "roseau " produisant une espèce de miel, et de cette
époque, ce précieux végétal fut connu des peuples de 1' Occident et fut
introduit dans 1'Arabie, 1'Egypte et l'ouest de 1'Asie . Pendant
longtemps, les Grecs et les Romains qui l'appelaient : "Sel indien", ne
purent se le procurer qu'a des prix très élevés, et ne l'employaient
qu'en médecine . Citons encore un extrait de Paul d´Egine, médecin grec
qui vivait au VII siècle : "Le sel indien, ressemble au sel ordinaire
par sa couleur et sa consistance, mais sa saveur est celle du miel .
Les
vénitiens furent les premiers à raffiner le sucre en Europe. Cet art
passera en Allemagne et de 1573 a 1597 on comptait plusieurs
raffineries . Ils apportèrent ensuite leurs technologies en Angleterre .
En
1420, Dom Henri régent du Portugal, importa la canne à sucre de Sicile
à Madère. On prétend que c'est L'Hispaniola, aujourd'hui Saint Domingue
qui en fut dotée la première en 1506 par Pierre d 'Arança, compagnon de
Christophe Colomb.
Ce n'est qu'au XVII siècle que la canne à sucre fut portée du Brésil
aux Barbades, dans les autres possessions Anglaises, dans les îles
Espagnoles de 1'Amérique, au Mexique, au Pérou, au Chili et enfin dans
les colonies Françaises, Hollandaises et Danoises .
Vers
la fin du XIII siècle, la canne à sucre vint en France, où elle fut
cultivée avec avantages dans les régions méridionales, ce qui est
certifié par des actes authentiques de 1333 et 1359 qui parlent du
sucre fabriqué et raffiné dans ces régions . Cette culture continua à
prospérer jusqu'en 1551, date de son introduction aux Antilles, elle se
développera très vite .
Petite parenthèse. en 1831 on a même cherché à l'introduire aux environs de Lille.
Dans
un ouvrage publié en 1742, Le Père Labat affirme que la canne à sucre
croit aussi bien en Amérique qu'aux Indes et il prétend aussi que les
Espagnols et les Portuguais dans leurs invasions, apportèrent seulement
I'art d'en exprimer le jus, de le cuire et de l'amener à I'état de
sucre , art qu'ils tenaient des orientaux . A l'appui de cette
assertion, il cite , entre autres autorités, le témoignage de I'anglais
Thomas Gape, qui fit un voyage à la nouvelle Espagne, et qui mit la
canne à sucre au nombre des provisions que lui fournirent les Caraïbes
de la Guadeloupe .
Le
traité des plantes de 1'Amérique, de Francois Ximénès imprimé à Mexico
dit que la canne à sucre vient naturellement sur les bords de la
rivière Plata, cité également par Le Père Labat qui rapporte en outre
que Jean De Lery, ministre calviniste, qui alla en 1556 joindre le
commandeur de Villegagnon au fort de Coligny bâti dans une île de la
rivière Janeiro au Brésil assure avoir trouvé des cannes à sucre en
grande quantité, bien avant que les Portuguais n'y soient venus. De 1à,
on tire la conséquence que les Espagnols et les Portugais n'ont fait
qu'enseigner les procédés d'extraction du sucre aux habitants de
1'Amérique, et qu'ils n'ont point apporté la canne que ceux-ci
possédaient déjà .Nous devons ajouter que cette opinion a acquis un
grand caractère de vérité, depuis la découverte faite par le célèbre
navigateur COOK de la canne à sucre, dans plusieurs îles de l'océan
Pacifique .
Des origines du rhum...
L'origine
de l'alcool de canne est très confuse aux Antilles, ce n'est réellement
qu'au débarquement du Père Jean-Baptiste LABAT le 28 janvier 1694,
personnage que ne peut raisonnablement éviter quiconque s'intéressant à
la destinée turbulente de ce alcool exotique que les Français
appelleront "RHUM", les Anglais "RUM" et le! Espagnols "RON". Ils nous
restent des écrits.
Avant
le Père LABAT, le Père Du TERTRE raconte que les noirs faisaient des
boissons qui enivrent à base de canne qu'ils nommaient "OUYCOU".
C'était une boisson fermentée comme on en fabrique depuis des temps
immémoriaux, depuis que l'on disposait des fruits et des céréales
appropriés. La faible teneur en alcool suffit ~ vous rendre pompette, à
condition d'être persévérant. Le Père LABAT donne cinquante ans plus
tard , des détails plus complets sur cette boisson, affirmant qu'elle
est la plus ordinaire dont usent ceux qui non point de vin.Le vesou du
Père Du TERTRE est autrement plus précieux, car le mot va entrer dans
le vocabulaire usuel et devenir en un certain sens prestigieux. Cette
boisson que décrit le Père du TERTRE est encore une boisson fermentée,
mais elle est cette fois à base d~ jus de canne uniquement et par
I'intermédiaire des chaudières, col de cygne et autres serpentins
subira la véritable métamorphose, pour devenir RHUM AGRICOLE , alias`
RHUM DE VESOU ou RHUMEHABITANT dit "grappe blanche " L'autre procédé de
fabrication fait appel à la mélasse, le Père LABAT disait : -ajouter le
jus de deux ou trois citrons et boire chaud. II parait que ce grog est
excellent pour la poitrine, qu'il donne de 1'énergie et procure le même
effet qu'un bon bouillon , a consommer avec modération. Le mot n'étant
pas encore inventé, on parlera longtemps encore de GUILDIVE ou TAFIA
(SIC). Toujours est-il que le mot "RUM" apparaît officiellement
par un ordre du Gouvernement et du Conseil de la Jamaïque en date du 3
juillet 1661.
Au rhum agricole...
Les
rhums de tradition britannique sont des rhums de mélasse . Seul les
français ont été les grands ordonnateurs des rhums agricole . A la mort
du Père LABAT , bien après sa disparition le rhum continua de couler
des alambics qui portaient son nom . Le principe une assise de
maçonnerie dans laquelle un foyer est aménagé , une chaudière en cuivre
coiffée d'un col de cygne , un serpentin refroidit par 1' eau , d'ou
sort le précieux liquide . Ces alambics de 1égende , si leur
utilisation était coûteuse et leur rendement faible , offraient au
moins au distillateur la possibilité d'intervenir et de sélectionner
son alcool au cours des diverses phases de l'opération . Ainsi le coeur
de chauffe représentait-il le nec le plus ultra , têtes et queues de
chauffe juste suffisant à satisfaire le peuple . La méthode de
distillation , dite " à repasse " , reste associée à des alambics de
pionniers . Les premiers ennuis administratifs vont marquer le passage
de I'antiquité aux temps modernes . Avec le pacte colonial de 1675 ,
les colonies françaises se voyait astreintes au trafic commerciale
entièrement réservé à la métropole. Les négociants français ne firent
pas la grimace quand les rhums des Antilles se mêlèrent au alcools
français . Le 24 janvier 1713 , un édit royale s'efforça de parer à la
concurrence : la consommation du tafia de toutes provenances était
prohibée dans tout le royaume Interdiction officielle pleines de
louables intentions car la concurrence des tafias nuisait aux eaux de
vie française . Elle agitât tout le monde des Antilles .
Quoi qu'il en soit , tous les aventuriers de la mer , des boucaniers du
XVII siècle aux forbans du XVIII siècle , sont imbibés de tafia . Ils
savaient où se ravitailler en rhum frais Vers 1750 , les échanges
commerciaux licites ou non des colonies américaines étaient dix fois
plus importantes avec les Antilles françaises , qu'avec les possessions
anglaises. La prospérité des Antilles françaises revint en 1802 après
la guerre contre les anglais , mais la guerre entre la France et
1'Angleterre , fait retomber le volume des exportations. En passe de
devenir l'alcool le plus consommé , le rhum a conquis les populations
terriennes .
La France rentrera en possession de ses îles à la suite du traité de
Paris le 30 mai 1814. par lequel 1'Angleterre restituait les antilles
françaises, moins Tobago et . Démarrage de 1'ère industrielle en 1819
avec les premières machines à vapeur qui décuplaient l'énergie
disponible et fit tourner les moulins à canne à la place des torrents
et des chevaux . Le rhum prit une évolution extraordinaire jusqu'en
1847 jusqu'à laveille de l'abolition de l'esclavage 27 avril
1848 . Les Antilles détenaient uneagriculture pendant deux
siècles sur le travail forcé, ainsi à l'abolition de l'esclavage il n'y
eut que peut de main d'oeuvre pour la culture de la canne .En 1853 , un
contrat fut passé avec la Compagnie Générale Maritime
pour I'engagement de 15.000 indiens en 4 ans. De nouveau , le commerce
du rhum va repartir .Un autre fait inattendu va faire fonctionner les
alambics antillais à plein régime 1855 : Un champignon microscopique
s'attaque aux vignobles français . L 'Oïdium , pour conséquence une
raréfaction des eaux de vie de vin : 60.000 hectolitres de rhum
passèrent des Antilles à la Métropole. A partir de ce moment le rhum ,
va littéralement envahir les quais des ports atlantiques .L'engouement
est certain de 1820 à 1880 :le français voit sa consommation de rhum
s'élever de 1,2 à 4 litres . Par surcroît un décret du 25 juin 1854
dispense des droits de douane les alcools des Antilles .Les Charantais
de 1850 à 1876 , se lancent dans une politique de vieillissement du
Cognac, qui immobilise des milliers d'hectolitres . Les vignes après le
malheur occasionné par 1'0ïdium vont être touchées par le 1 Phylloxéra
en 1876 et 1892 , ce qui fait une fois de plus le bonheur des terroirs
tropicaux . Ce qui va faire de Bordeaux la capitale du rhum . De 1890 à
1900 , les Antilles exportent annuellement des quantités faramineuses
de rhum : la Martinique vient en tête avec 171.000 hectolitres à 55" ,
suivie de la Guyane Britannique avec 160.000 hectolitres , la Jamaïque
avec 106.000 hectolitres , et la Guadeloupe avec 70.000 hectolitres .Le
début du XX siècle fut une période extrêmement faste pour les Antilles
. La guerre de 1914-1918 est une aubaine . Les vignes étant désertées ,
c'est le rhum qui fait tenir les soldats dans les tranchées . Le record
de production est atteint à cette période : la Guadeloupe et la
Martinique distillent au total 500.000 hectolitres . Les chiffres vont
retombés à partir de 1922 à la mise en place du contingentement des
rhums coloniaux , sous la pression des producteurs Français d'alcools
de vin .C'est seulement , à la fin du XIX siècle qu'apparaît le rhum de
vesou . Pour satisfaire à la demande , c'est vers les Antilles que l'on
se tourne . L'industrie sucrière étant en crise dût à la surproduction
mondiaie de sucre , il y a un manque de mélasse . Du coût les
industriels du secteur se mettent à fabriquer le rhum directement à
base de jus decanne. C'est ce que l'on va appeller rhum agricole ,par
opposition au rhum de mélasse dit rhum "industriel" .La première mesure
restrictive ,pour protéger les producteurs d'eaux de vie fraçaise votée
le 31 décembre 1922 , précisa la quantité des rhums coloniaux admise à
pénétrel en franchise sur le Territoire Français . Le contingent fut
fixé à 160.000 hectolitre( d'alcool pur , avant d'être porté à environ
200.000 hectolitres d'alcool pur en juillel 1925 . Les dépassements
étaient soumis à une forte surtaxe , appelée à subir deL fluctuations
au cours des ans . Pour en revenir au contingent de 1922 , la
Martinique s'~ trouvait en première place , avec l'autorisation
exportait près de 90.000 HAF (hectolitres d'alcool pur) , la Guadeloupe
avait plus de 68.000 HAP , et la Réunior avec 30.598 HAP (réajusté à
36.326 HAP) . La législation sur les contingents est restée la même
jusqu'en 1995
A
ce jour , le plus grand changement dans la législation a été pour les
distilleries d'être agricole ou industrielle. Les distilleries
agricoles ont toujours fabriqué du rhum de mélasse pour le
vieillissement et l'exportation en vrac . Pour avoir les avantages
d'une distillerie agricole, elles ne peuvent plus fabriquer du rhum
industriel. Les contingent locaux ont disparus et les contingents
exportations (Métropole) ont été conservés, mais sont en perpétuels
renégociations .
Histoires du rhum...
LES 4 PETITES HISTOIRES
Les deux porteurs du rhum DAMOISEAU sont appelés aussi :
« cé dé ti gaçon la »
(ces 2 petits garçons)
On dit chez nous, qu’un guadeloupéen n’arrêtera pas de boire du Rhum DAMOISEAU, tant que l’un des 2 porteurs n’aura pas posé le pied à terre.
Les deux porteurs du fût sont devenus célèbres et s’appellent FABER et BESSARION.
Monsieur DAMOISEAU aurait surprit, en pleine nuit, 2 voleurs en train de subtiliser un fût. Loin d’être rancunier, il s’en inspira pour élaborer son logo.
(attention Messieurs FABER et BESSARION ne sont pas les auteurs de ce vol)
La Captivante Histoire du rhum...
Originaire d’Asie, importée des Canaries par Christophe Colomb, la canne est d’abord plantée à Hispaniola, premier nom donné à l’île d’Haïti, puis sans doute introduite dans les îles de la Caraïbe au gré des voyages successifs des galions du Vieux Continent. L’Europe découvre le sucre et ne veut plus s’en passer. C’est donc pour cette curiosité qu’au XVIIe siècle, le royaume de France se dispute la Guadeloupe avec l’Angleterre, et c’est à la canne que les colons consacrent d’immenses exploitations. Rattachée à la Couronne en 1674, la Guadeloupe est entièrement dédiée à la production de sucre. Sans eau, en Grande Terre et à Marie Galante pour actionner le broyage de la canne, les planteurs font bâtir de hauts moulins à vent en pierre sur les parties les plus élevées, donc les plus ventilées, de leur terres ce qui vaudra à plusieurs sucreries et rhumeries le nom de Bellevue. L’essor du sucre commence alors et entraîne, grâce au savoir-faire des Français en matière d’eaux-de-vie, l’impulsion des premiers alcools de canne. Le père Labat, dominicain missionnaire aux Antilles, en décrit les balbutiements et perfectionne, au moyen d’alambics le procédé de distillation. Le procédé de distillation. Les cannes, apportées par des charrettes à bœufs aux distilleries, sont écrasées dans les moulins qui en extraient le jus. Une fois filtré, ce « vesou » est mis à fermenter dans les cuves, où il se transforme peu à peu en alcool avant d’être distillé. Le breuvage est ensuite « coupé » à l’eau pour atteindre cinquante à cinquante cinq degrés d’alcool.
La Première Guerre mondiale marque à son tour la production de rhum d’une pierre blanche : il faut une échappatoire à l’horreur des tranchées et les « poilus » sont très demandeurs de cette chaleureuse eau-de-vie.
Au XVIIIème siècle, la Guadeloupe développe l’exportation de son alcool de canne, que l’on appelle déjà « rhum » ou guildive ». L’île compte alors plus de trois cents moulins. Mais alors que la mélasse, résidu de la cristallisation du sucre de canne, est exportée vers les colonies d’Amérique du Nord, la production de rhum reste principalement consommée sur place. La véritable expansion de l’industrie rhumière dans les Antilles françaises date de la seconde moitié du XIXème siècle. La Guadeloupe crée de plus en plus de distilleries, mais ne parvient pas à égaler la production martiniquaise qui domine le marché. Ce n’est qu’en 1902, suite à l’éruption volcanique de la Montage Pelée en Martinique et à ses conséquences sur l’économie de l’île, que la Guadeloupe développera ses exportations d’alcool. La première Guerre mondiale marque à son tour la production de rhum d’une pierre banche : il faut une échappatoire à l’horreur des tranchées et les « poilus » sont très demandeurs de cette chaleureuse eau-de-vie.
En 1939, la Guadeloupe compte plus de cinquante distilleries, contre neuf à présent. Mis en place des les années 20 par le gouvernement français, sous la pression des fabricants de vin qui craignent que le rhum des colonies n’inonde leur marché, les contingents permettent aux distilleries antillaises d’envoyer une quantité limitée de leur production en France en bénéficiant d’une fiscalité minorée. Avec le temps, cette mesure s’est avérée favorable au développement de la filière. Aujourd’hui, ces contingents sont régulièrement négociés au niveau européen dont ils relèvent. Toutefois, leur prorogation semble essentielle à la survie du rhum antillais. On peut donc a priori trouver toutes les marques guadeloupéennes de rhum agricole en métropole. La plupart cependant n’étant exportées qu’en quantité confidentielle, on ne pourra se les procurer que dans les épiceries antillaises. La visite des différentes distilleries permet de comprendre les différentes étapes de la fabrication du rhum. Chacune a sa personnalité de la plus prestigieuse à la plus traditionnelle, mais toutes proposent une dégustation de leur rhum. On optera donc pour l’une plutôt que pour l’autre au gré de sa balade ou de ses préférences gustatives.
Roger DAMOISEAU...
Roger DAMOISEAU Né le 17.04.1930 à POINTE A PITRE (GUADELOUPE)
Compte tenu de ses dispositions naturelles en mathématiques et physique appliqués, celui-ci à sa demande rompt avec le cursus normal pour entreprendre hors de la colonie, ainsi appelé alors, de nombreux stages tant en soudure, ajustage qu'en conduite d'appareil et colonne à distiller.
Il est préciser ici que son père Roger DAMOISEAU, un des rare ingénieur (Ecole ICAM à LILLE) a accepté son fils (seul garçon de la famille) pour le futur de l'entreprise familial difficilement acquise en période de guerre "1943".
En effet la nouvelle période d'après guerre laissant augurer un avenir plus que difficile (éloignement, fournitures réglementées, commerce sous astreinte métropolitaine) la Guadeloupe étant tributaire des excédents de pièces de rechange de la métropole. Aussi, dès son retour en 1948, Roger DAMOISEAU fils, Roger DAMOISEAU père se sont attachés à transformer le paysage des distilleries en Guadeloupe qui s'apparentent plus à des sucrotes qu'à des unités industrielles. Ainsi, fort de l'expérience du père, second directeur des usines de BEAUPORT et DARBOUSSIER de la disponibilité et du sens plus pragmatique et cartésien du fils, l'entreprise DAMOISEAU a pris un élan et un pari en remettant en cause le fondement même du principe de distribution du rhum dans un premier temps.
En effet, la Grande Terre en ce temps compte 6 distilleries.
De ces distilleries "sortaient" le rhum, qui était acheminé au marchand en gros.
A ces grossistes se ravitaillaient la multitude de petits commerces et revendeurs.
Ainsi, le premier pas était de proposer le rhum directement par le producteur au consommateur. La multitude d'intermédiaires dont la distillerie se retrouvait par le fait tributaire, disparaissaient tout du moins en ce qui concernait notre entreprise.
A ce premier pas la nécessité s'est fait sentir de moderniser pour produite plus, or, les banques sans directives et plus que frileuses dans l'avenir du rhum (celui-ci étant considérer comme un alcool de guerre) n'ont par permis à notre famille d'emprunter. Qu'importe, en rachetant du matériel d'occasion obsolète à bas prix, Roger DAMOISEAU Fils, par sa curiosité et ses interrogations constantes à adapter (montage, conduite, pièces) pour accroître le broyage des cannes et par la même le volume en litre produit.
Le deuxième écueil était franchit.
Le troisième obstacle était, n'en doutant pas l'autorisation législative.
Si la production augmentait, la vente augmentait, le pari devenait caduc du fait de l'impossibilité de vendre de l'alcool hors de l'action réglementaire.
La survie était donc liée à l'acquisition de nouveaux contingents.
1949, fut l'année charnières ou toutes les actions bien que liées l'un à l'autre étaient menées parallèlement ; le pari était judicieux.
La grande morosité du marché nous permis de réaliser les espérances des DAMOISEAU Père Fils.
Allant à contre courant de l'idée générale, prenant le contre pied des rumeurs, bafouant les préceptes élémentaires de ce d'aucun alors préconisé comme le bon "sens" les DAMOISEAU ont :
1.augmentés les broyages de canne et rendements 2.construits de nouveaux magasins de stockage
3.inaugurés une nouvelle forme de distribution
4.Rachetés au fur à mesure de la fermeture des autres distilleries le droit à produire. L'achat, sans emprunt bancaire se faisait au fur à mesure des ventes de rhums et inversement, et, la production augmentée au prorata de l'acquisition des contingents.
Le principe de base était établi, qui ne s'est jamais démenti, les usines sucrières, les distilleries ont fermé l'une après l'autre, pour aboutir aujourd'hui à une sucrerie pour la Guadeloupe entière et une distillerie en Grande terre (la Guadeloupe étant constituée de deux îles sœurs, Grande Terre et Basse terre, cinq distilleries de moindre importance subsistent.
Il m'est difficile de réécrire les peines et les joies que j'ai eues aux files des années, mais qui sont liées à l'histoire sociale et économique de la Guadeloupe. Mais, je tiens toutefois à préciser que nous avons été les précurseurs de la vente en grande surface, de même à l'autre extrême les premiers à vendre directement aux consommateurs sur les lieux de production.
De démontrer contre vents et marées qu'une production agricole de par son origine ne peut être et ne pourra être que bénéfique.
De donner, s'il en est, l'exemple que l'automatisation, modernisation ne riment pas forcément avec pertes d'emploi ; si ce rhum de consommation et de présentation courante (blanc) ne subit peu de manipulation, la diversification des aromatisations et des contenants entraînent toujours une main d'œuvre nombreuse et délicate, mais soyons en sûre garante d'une qualité qui ne se démentira jamais.
Aujourd'hui, la distillerie BELLEVUE, qui porte à mon grand plaisir le nom DAMOISEAU produit plus de 2 000 000 de litres et verra dans un avenir proche son volume augmenté à
3 000 000 litres. Ce qui sans fausse modestie nous conduit à être les premiers pour la Guadeloupe. Pour la petite histoire nous produisions en 1949, moins de 50 000 litres.
A l'aube de mes vieux jours et dans cette retraite forcée, je peux raisonnablement dire que j'ai remplacé mon père dans son esprit et ses principes, que ma gestion sans tapage a pucontenter tous ceux qui nous ont aidés, personnels et planteurs (plus de 1000) et dont nous avons pu préserver ce sentiment si délicat qu'est l'amitié.
C'est ce regard sur mon prochain qui m'a permis de régler dans les périodes troubles des mouvements sociaux, les problèmes sans aigreur, et, aménités, sans concours de force publique, sans que ma famille n'en soit molester, et sans quémander ou prétendre une quelconque reconnaissance.
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